Ecrire mon monde

Mes mots au fil des jours, mes phrases pour partager, des pages pour aller vers ce roman.

Toboggan

A Prugny, le 10 Février 2021

Mamie,

Tu es si loin et je t’écris cette lettre sans trop savoir si tu pourras la lire. …

Il faut, pourtant, que je te griffonne ces quelques mots car le monde est devenu étrange.

Insulter. Crier. Haïr. Les verbes sont au bord du gouffre, il ne reste plus qu’à les baver et ne plus espérer. Je balbutie et me perds dans une foule devenue hystérique. Chacun cherche à se plaindre. Tous s’érigent en défenseur et balancent des avis qui sont toujours mieux que ceux du voisin.

Et voilà qu’un si petit virus nous ôte nos sensibilités. On ne peut plus s’embrasser et se regarder rire. Les gens deviennent méfiants et la peur nous enferme dans nos maisons.

Crainte de cette vie que mes enfants devront subir et ne plus partager.

On devrait partir, s’enfuir et s’envoler au-delà de cette hypocrisie qui rassure tant les égos. La saleté et l’odeur de la défaite flânent sur nos regards ternes. Je suis triste mamie.

Je ne sais pas si c’est pareil chez toi, mais je voudrais tant apercevoir l’éclaircie qui suit la tempête.

Je me souviens de ces journées où je descendais dans ce toboggan pour atterrir dans tes bras. Tous ces autres instants qui ont bercés ma jeunesse de naïf heureux me poussent tant à retourner là-bas … vers ce toboggan…avec toi… dans ce pré où il suffisait de respirer pour être heureux.

Je lèverai bien la tête pour distinguer l’arc-en-ciel qui fend un horizon poignardé par le pessimisme.

Éclaboussé par la clarté, j’irai, alors, me noyer dans ses couleurs limpides. Les vapeurs grotesques d’en bas ne m’envahiront plus. Il ne restera plus que courir sur l’arc-en-ciel pour ne plus rien manquer, pour ne plus rien regretter. Je grimperai cette côte magnifique. Les lignes pastelles m’enivreront. Je m’accrocherai, alors, au vert, au bleu, au rouge …

En haut, ma cavale verra cette terre qui semble, pourtant, si belle.

Et comme sur le toboggan de mon enfance, je glisserai sur l’autre versant de ce chemin coloré pour disparaître et plonger dans le trésor caché que l’on ne peut trouver. Celui dont tu m’as tant parlé.

Je veux jouer, prendre ce toboggan et récolter les couleurs pour revenir illuminer le monde.

C’est une bonne idée ?

Dis-moi mamie, envoie-moi un signe d’où tu es …

Charly

De ONE LOVE à EDEN KARMA87

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