
L’amitié est colorée, tendre, à l’odeur sacrée. Elle est belle mais, comme une fleur, fane pour se rendre aux souvenirs.
Les mots sont faciles et les comparaisons gracieuses. Les sentiments sont, malheureusement, autrement plus rudes.
Malgré mes erreurs, mes excès, mes doutes et ce manège incessants des égos, j’y croyais.
L’amitié, confiance qui te guide que tu sois dans la clarté ou emporté dans l’obscurité. Le conseil au détriment de la différence. Présence qui rassure, qui écoute, qui comble la solitude.
J’y crois aussi fort que les autres émotions embarquées sur le navire de ma vie.
La peine de ne pas détenir ce lien du sang habite mon âme et pourrait expliquer cet excès. Mon manque, ma tragédie. Et j’ai, sans doute, été trop. Trop exigeant. Trop animé par cette valeur.
Des souvenirs abreuveront donc ma mémoire dorénavant. Et me voilà à conjuguer au passé, accompagné de cette mélancolie aux traits durcis par le temps.
Je suis et je ne suis plus. J’étais et je ne serai plus.
Jouer, rire, courir comme ces gamins naïfs qui chavirent dans l’improbable. Se mesurer, se tenter, se saouler, blaguer…
Ce soir, j’ai jeté le papier à la poubelle. Je l’ai froissé, déchiré. Il sera oublié, perdu…
Y’avait quoi sur ce bout de feuille vieilli par le temps ?
Et ben… y’avait l’amitié…
Tu sais, ce truc que l’on compare aux fleurs… Ce truc qui repousse du coup…
Millions de cœurs 89
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