Effrayant printemps

Une naissance est aussi belle que la vie. Une naissance respire l’espoir. Mais une naissance est toujours douloureuse.
Comme la naissance, le printemps éclaire ces nids qui refont du bruit. Les couleurs explosent sur nos rétines. Les odeurs exaltent nos souvenirs, le soleil réchauffe enfin. On se lève, revit et s’imagine à courir dans ces prés aussi verts que les fleurs seront multicolores. Les insectes dansent et les oiseaux chantent. La vie renaît, balbutie et suffoque presque de sa force revenue.
Mais ce printemps me fait mal. Cette saison qui m’effraie ne fait que secouer mes démons. Les cerisiers sont en fleurs et les magnolias splendides mais ce temps m’aspire vers la peur. Je
me remémore l’oubli, et comme ce bébé qui pleure la douleur de ses premières respirations, je fane et fragilise cette confiance si fine. Si fragile de débuter encore, le chemin me semble
sinueux, presque tortueux. Et si je me trompais, perdais …
Mon printemps est effrayant. C’est une si belle saison pourtant. Un début ou une fin selon mon inclinaison.

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