Sentir…

Sentir…


J’ai mis tant d’année à l’avouer, à ne plus mentir. Je ne sentirais plus jamais… Et mes larmes inondent mon cœur, tel un torrent infernal sans source pour y naître ni mer pour s’y perdre.
Sentir et se souvenir.
Sentir et sourire.
Sentir et reconnaître.
Sentir et aimer.
Et tant m’ont dit que ce n’était pas si grave. Cela aurait pu être pire, à ne plus voir, ne plus entendre. Et il devient évident, à leurs yeux, que mon sort demeure malgré tout heureux. Mais je ne sentirais plus et mon cœur tangue dans la tempête des temps perdus. Je pleure alors ces heures où il y avait les odeurs, ces minutes où le monde du dehors était si proche, ces secondes où j’étais davantage vivant.
J’ai perdu ce sens et les souvenirs des arômes qui ont construit ma vie.
L’odeur des glycines de chez ma grand-mère. L’odeur de l’ail qui cuit dans le beurre le dimanche midi. Les salles de basket de Belley et Villeurbanne. L’odeur des bâtiments quand on jouait à cache-cache. L’odeur de la piscine pendant les vacances. L’odeur de l’herbe coupé au printemps, de la pluie sur les routes chaudes de l’été. L’odeur du sapin à Noël. Et l’odeur de son parfum lors de ces quatre saisons avec le Mont blanc.
Sentir … et rien d’autre.
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