Ecrire mon monde

Mes mots au fil des jours, mes phrases pour partager, des pages pour aller vers ce roman.

Des mots pour ma fille

C’est tellement plus facile de parler de soi que de dire la vérité aux autres.

Et pourquoi ?

De la pudeur. Cette croyance tenace qu’il ne faut pas dévoiler les sentiments. Une peur que tout se perde, peut-être aussi … Et cette éducation où les mots ne doivent pas dépasser les actes… surtout pas.

Et je te vois. Toi. Clara. Celle qui ne croit pas encore en elle.

Et pourtant, si différente du petit Charly qui s’échappait par-delà l’obscurité pour gravir ses Everest. 

Je suis fière de toi ma fille. Ce que tu deviens m’éblouit. Tu te construis au fil de ces mondes nouveaux que tu traverses. A chaque fois, tu arrives seule et timide. Tu tangues sans jamais t’écraser. Tu pleures sans jamais t’avouer vaincue. Tu crains sans jamais te perdre. Et tu ne mets pas le genou à terre devant ces âmes enfouis dans la méchanceté. Si lointaine des actes faciles de ceux qui préfèrent suivre, tu traverses les étapes ardues de ta vie sans vendre ta personnalité.

Tu es si forte du haut de tes onze ans.

Tu es si riche d’inspiration.

Vas-y mon enfant, fonce sans te retourner. Tu auras encore peur et souvent tes larmes inonderont ton cœur mais tu illumineras tant ceux qui croiseront ton chemin.

Sois collégienne. Sois adolescente. Sois heureuse. Sois cette gamine qui se trompe mais qui gagne. Vis. Pleure. Ris. Aime. Déteste. Joue. Invente. Danse. Chante. Et ne t’abaisse devant personne.

Merci d’être cette sensible qui voudrait tant qu’on l’apprécie. Merci d’être celle qui ne renonce pas.

Nous créerons encore beaucoup ensemble. Nos histoires abreuveront nos rires.

Mais suis la route qui sera la tienne.

Celle de ton cœur.

Ce n’est pas mon amour qui te parle car tu sais que c’est bien plus que ça …

Papa

 De ONE LOVE à EDEN KARMA117

L’amitié

J’ai osé une amitié que je croyais être la meilleure.

J’ai écrit « on est les trois meilleurs potes » et « reviens vite » sans craindre d’être celui qui beugle pour juste se faire entendre. Mais je me suis trompé, pourtant convaincu d’être sur le bon chemin. J’ai cru la maitriser mais elle m’a balancé dans les orties de la tristesse.

Je l’ai vu passer… Pour qu’elle s’évapore ensuite.

Je l’ai désiré… Pour qu’elle s’oublie enfin. L’amitié.

Au fil des ondes délicates de la vie, j’ai compris qu’elle devait s’apprendre. Aujourd’hui, je la comprends un peu après tant de temps à la rêver.

Je me suis égaré à ne penser qu’à moi. Je me suis persuadé que la sincérité en était la clef.

La franchise n’est pas l’amitié et l’égoïsme est son ennemi. Il faut, parfois, savoir se taire pour être l’ami. Juste devenir ce présent qui accompagne et berce les blessures de l’autre.

Je veux, dorénavant, offrir mon temps et ne plus juger en crachant des mots qui rassurent un égo inutile.

Je crois farouchement en l’amitié et je défendrais les miens même si le tort les accable.

Et l’on pourra alors jouer, rire et s’évader.

Je serais là… juste là et c’est tout… et c’est déjà beaucoup.

 De ONE LOVE à EDEN KARMA116

Un méchant visiteur !!! – épisode 3 : La bataille

La famille décida de se déguiser en paysan pour ne pas se faire remarquer dans le village. Arrivés au centre du bourg, ils demandèrent à un individu ce qu’il se passait. Ce dernier leur dit :

« – Feuillage Vert est devenu le maître. Si on ne lui obéit pas, il nous transforme en zombie. »

La situation était grave. Très grave !

Ils allèrent alors au château de Feuillage Vert. Ils virent que celui-ci avait transformé beaucoup de gens en zombies. Quand ce tyran les vit rentrer dans la cour, il sut immédiatement que c’étaient ses ennemis jurés de toujours, libérés de leur prison souterraine. Il jeta ses gardes sur eux et voulut s’enfuir mais les quelques villageois résistants bloquèrent la sortie à l’arrière du château. Les Fleurs rose se séparèrent alors en deux groupes : Anna et ses grands-parents allèrent retrouver Feuillage Vert tandis que les autres s’occupèrent des zombies.

La bataille faisait rage dans le château.

La famille parvint à bloquer les zombies. De l’autre côté, le papy, à l’aide de son souffle glaçon, congela Feuillage Vert.

Une fois réunis, le père de famille usa de son pouvoir de force pour lancer Feuillage vert, emprisonné dans la glace, aussi loin que les montagnes.

Le combat pris fin sur cette victoire éclatante. Les Fleurs rose avaient gagné une fois de plus.

Ils se jurèrent alors de faire attention aux prochains visiteurs qui frapperaient à la maison !

FIN

Clara VINDRET septembre 2022

Les histoires de l’éléphante 4

Un méchant visiteur !!! – épisode 2 : La libération

L’endroit où était enfermé la famille Fleurs rose était une forteresse impénétrable. La maman ne savait pas comment elle pourrait franchir cette porte pour sauver et réveiller sa famille.

La serrure était incassable car ce lieu était voué à enfermé les ennemis de la contrée. La clef devait, sans doute, être détruite par feuillage Vert.

Pendant ce temps, au village, notre méchant utilisa une fois de plus son sortilège pour se transformer en un membre de la famille Fleur rose. Il devint le père ! Les villageois firent, ainsi, tout ce que cet individu leur demanda. Ce dernier leur cria :

« – Très chère citoyen, je vais devenir votre roi ! Vous devrez m’obéir au doigt et à l’œil !!!

Feuillage Vert devint le tyran qu’il avait toujours voulu être.

Quelques temps après, il reprit son apparence et dit :

  • Les Fleurs rose ne viendront plus à votre secours. Je suis votre empereur !!! Je vais faire ce que je veux de vous !!! »

Les villageois, terrifiés, devaient obéir et se taire. La peur et la peine s’invitèrent. Il n’y avait plus de soleil. 

Dans la maison des Fleurs rose, la maman essayait toujours d’ouvrir la porte. Elle comprit, alors, que son pouvoir de flamme pourrait faire fondre le cadenas. Elle put, ainsi, ouvrir la cave et sauver les siens. Elle utilisa une potion pour les réveiller et leur expliqua le drame qui se jouait dans le village :

« – Max est feuillage Vert. Il a pris le contrôle des lieux. Nous devons nous battre ! »

Mais comment allaient-ils parvenir à gagner cette bataille ?

A suivre …

Clara VINDRET septembre 2022

Les histoires de l’éléphante 4

Un méchant visiteur !!! – épisode 1 : MAX

Un jour, profitant d’une matinée calme et ensoleillée, la famille Fleurs rose entendit toquer à la porte de sa maison.

Ils trouvèrent, alors, un petit maigrelet aux cheveux noirs un peu sales.

Ils ouvrirent et l’enfant leur dit :

« – Bonjour ! je suis désolé de vous importuner mais ma famille a disparu et je n’ai nulle part où aller.

La maman, touchée par ces propos, lui répondit sans hésiter :

  • Nous pouvons t’accueillir si tu veux mon petit ! Viens ! Entre ! Ne reste pas tout seul !
  • Merci du fond du cœur ! L’enfant laissa, alors, couler des larmes de joies sur son visage blessé par la solitude.

Le papa demanda :

  • Comment t’appelles-tu ?
  • Max ! Je m’appelle Max monsieur…
  • Je te souhaite le bienvenu dans la famille Fleurs rose Max, répondit Anna, la cadette. »

Et le petit orphelin plongea ainsi dans les bras de la maman.

Les jours passèrent et la famille rendit leur invité heureux. Max devenait un membre du clan. Ils passèrent de très bons moments ensemble. L’enfant avait l’air si épanoui de retrouver la chaleur d’une famille unie.

Un jour, la maman qui allait dans la cuisine, vit Max mettre un produit bleu dans les verres de chacun. Se doutant que quelque chose allait se passer, elle décida de faire semblant de boire quand tous furent réunis pour le repas. Et son pressentiment fût juste. Elle vit tous les membres de famille s’évanouir après avoir bu cette potion maléfique. Elle décida de faire semblant et les imita.

Quand Tous furent allongés et endormis, Max les déplaça dans la cave secrète de la maison. Pendant que ce dernier s’œuvrait à transporter les corps, la maman se releva et mis un mannequin à sa place pour se cacher plus loin. Max ne vit pas la supercherie et mit le mannequin avec les autres.

La maman comprit, ainsi, que Max était Feuillage Vert venu se venger à l’aide d’un sortilège qui le transformait en petit garçon.

Quand ce dernier quitta la demeure, elle se déplaça jusqu’à la cave secrète.

Mais comment faire pour ouvrir cette porte fermée par une serrure gigantesque qui n’avait plus de clef ?

A suivre …

Clara VINDRET septembre 2022

Les histoires de l’éléphante 4

Une journée dans les Landes

10h34

Et la route perce la forêt de pins. Droite. Tendue vers l’horizon et son infini. Les arbres s’élèvent et leurs épines, du haut de leur verte délicatesse, frottent le tendre bleu du ciel. Les troncs gigantesques balisent le sous-bois. On ne voit pas d’issue, à se perdre dans ce dédale marron clair. Au sol, des fougères brassées par un dégradé orange sont figées par une sécheresse chronique. Viennent, enfin, la terre claire dansant avec le sable brun et l’herbe rare jaunie par la saison. Levons une dernière fois la tête pour entrevoir des pommes de pin géantes, trésors du labyrinthe.

On s’enfuit dans la forêt landaise qui brasse les couleurs sans livrer de porte de sortie.

11h45

Ça tangue. Les demoiselles sont peu assurées. Elles tremblent malgré leur sourire agrippé aux lèvres. Les voilà parties pour braver le courant léger de ce lac si près de l’océan. Elle se lève sur le paddle et devient maitresse fragile de l’embarcation. Elle glisse et l’on peut profiter des eaux transparentes dévoilant des fonds de sable bruns. La vitesse est maintenant incroyable et les eaux deviennent sombres de profondeurs si grandes. Mais c’est la chute … Un cri puis des rires … Bientôt la petite sœur reprend les commandes pour revenir vers la plage. L’eau se dissout au travers de toutes les teintes de vert de la saison. Au fond, on peut discerner des coquillages noirs dansant avec des algues discrètes. Les pins qui entourent le plan d’eau protège notre navigation. Le frère restera, quant à lui, allongé sur la planche pour se laisser bercer par les vagues légères. Nous les félicitons, si fières de leur volonté farouche de tanguer sur le lac.

Quelle est belle cette matinée. Le temps se suspend avec un paddle, une pagaie et 5 cœurs.

14h24

Le soleil se reflète dans l’océan et dévoile cette trace dorée et lumineuse qui fait scintiller les regards de tous les passants habillant si joliment la plage.

Comme une myriade de petites pierres précieuses flottant à la surface de l’eau, on oserait se croire dans la caverne d’un trésor.

Le sable embrasé par notre étoile se noie dans les flots au travers de vagues qui se dispersent dans une écume blanche digne des plus belles neiges de l’hiver.

16h12

Les vagues d’ici sont immenses. Démesurées. Encore plus que celles de là-bas et bien plus que celles de mon enfance. Elles te tirent, te repoussent, te plaquent sur le fond et te râpent contre le sable. Tu ne seras jamais leur maître pour oser les dompter.

Je prends la main de ma fille pour ne pas la perdre et la voilà qui s’agrippe comme si sa vie en dépendait.

Elle arrive. On la repère de si loin. Elle se gonfle en se rapprochant. Elle monte et voilà qu’elle va bientôt s’abattre sur nous. L’écume peint l’espace. On plonge et se perd en elle. Valse désordonnée.  On ressort notre tête de l’eau et déjà une autre vague arrive…

On abdiquera quand on aura froid de fatigue et de ce vent qui caresse le sable du rivage. 

18h45

Je veux que ma rétine s’imprègne de cet horizon aussi bleu qu’infini. Je désire que la mer me prenne pour ne plus me rendre. Je rêve que son immensité reste gravée dans ma mémoire. Je suis assis sur la plage pour me figer en ces lieux. Y rester. Ne plus partir. Mes yeux s’ouvrent pour ne rien perdre.

« Je ne veux pas partir moi »

Mon clan me rejoint et nous allons nous éclabousser dans ces vagues si calmes en cette fin d’après-midi. L’océan semble triste lui aussi. On joue au ballon et nos rires viennent éclipser les autres vies de la grève. Le goût salé ne nous quittera pas. Un câlin de famille. Un silence vers le couchant. Comme ces vacances sont belles … une fois de plus.

21h34

Et le soleil s’enfuit dans l’océan. Brillant, il fond vers le lointain où l’on rejoint le ciel. Il se laissera, bientôt, aller à se perdre en embrasant le paysage d’un jaune serein. Les nuages se teintent du blanc vanille envoutant.

Il n’est plus aussi lumineux et il apaise maintenant nos regards d’enfants qui fredonnent ces comptines avant les rêves. Il n’est plus entier. Juste beau. Éphémère. Comme ces peintures qui fixent le magnifique pour l’éternité, il nous offre des couleurs magiques. Douces. Brillantes. Oranges claires.

Il part si vite et l’on se prend la main pour se dire que l’on s’aime.

Comme un tour de magie, il s’évapore déjà.

Le rose s’étale enfin et l’océan perd de son bleu turquoise. Il devient sombre prêt à s’évader dans la nuit. Certains applaudissent et d’autres font un vœu.

Millions de cœurs 72

Comme un goût de victoire …

J’y suis parvenu… Neuf ans après.

Accepter, ne plus avoir peur et écrire ces jours sombres pour enfin passer à la suite.

Nous étions un soir de printemps où je célébrais ce qui devait être l’inoubliable passage vers une nouvelle vie. Et un coup dans la tête vint heurter ma croyance farouche envers le beau. Foudroyé. Terrassé. Un traumatisme. Un hématome extra dural. Une fracture du lobe frontal. Et la mémoire qui s’enfuit. Plus rien ne fût comme avant après ce vendredi humide.

Les phrases n’avaient plus de ponctuation…

Mon amnésie se heurte ici à cette tâche, lésion visible, preuve crachée par l’IRM qu’une surface très petite de mon cerveau ne marchera plus jamais.

Au début, je n’ai rien compris, emmitouflé dans le vague, hagard.

Puis vint ces jours à crier, hurler et taper dans les murs.

On m’a dit que j’étais passé à deux millimètre de l’oubli. Orphelin de cicatrices pour forcer la bienveillance, j’ai suffoqué de ne plus me retrouver. A part. Différent. Handicapé et incapable d’aimer l’autre. Je me suis effacé pour ne pas dévoiler ma blessure.

Et après avoir cru devenir fou, on m’a guidé pour soigner ce que je ne pouvais dire.

Faire le deuil de mon odorat. Réapprendre à réfléchir. Travailler à me créer des souvenirs. Accepter mon hypersensibilité. Comprendre comment vivre ensemble. Ne plus me cacher.

Je dépose ces mots, aujourd’hui, car je suis guéri. Guéri mais si différent d’avant… Au bord des larmes. Imparfait. Presque serein. Vivant. En harmonie avec mes démons.

Ce n’est en aucun cas la complainte de celui qui se voudrait affaibli et blessé. Il est de mon devoir de guérison de cracher, vomir et hurler une dernière fois ces maux invisibles.

Je ne vous dirais pas pardon d’avoir été trop excessif. Je ne vous demanderai pas de me plaindre ni de me féliciter. Je devais juste exorciser l’obscurité et vous faire part de ma grande fierté d’avoir braver cette tempête dévastatrice.

Merci à ceux qui m’ont supporté et aidé.

Merci à ceux qui m’ont écouté et soigné.

Le 17 mai n’est plus une date qui m’exhorte de plier sous le joug du printemps nouveau. Cette année, je l’ai oublié … et je l’ai écrite… et j’avance dorénavant pour glisser sur les arcs-en-ciel de ma vie.

 De ONE LOVE à EDEN KARMA113

Le barrage de Feuillage Vert

Feuillage vert s’était évadé de prison !

La nouvelle fit grand bruit dans la contré. Le peuple craignait la prochaine idée machiavélique de cet horrible individu.

La peur s’immisça alors dans les chaumières et la forêt retint son souffle.

Notre évadé fabriqua un barrage immense pour bloquer le cours de la rivière. En amont du village, il mit en place le plan qu’il avait préparé du fin fond de sa cellule.

Et très vite, le fleuve ne fût plus qu’un fil discret. Le bourg n’avait, maintenant, plus d’eau. Les champs n’étaient plus arrosés. Les animaux n’auraient bientôt aucun de moyen pour boire. La nature se retrouvait assoiffée et la sécheresse guettait.

Feuillage Vert tenait enfin sa revanche !

Après seulement une semaine, les réserves étaient taries. Il fallait réagir au plus vite. Les oiseaux ne chantaient plus. Les arbres perdaient leurs couleurs majestueuses. La soif et le désarroi frappaient à toutes les portes.

Chez les Fleur Rose, on tentait de trouver le moyen de palier à cette crise subite. Le père de famille, accompagné de plusieurs villageois, trouva rapidement la cause des problèmes, ce barrage gigantesque où l’on pouvait lire sur son flanc le nom terrible de Feuillage Vert.

Le soir même, il rentra chez lui et convoqua la famille :

« – Feuillage Vert est de retour et nous devons réagir ! Je vais détruire ce barrage à l’aide de mon pouvoir de force.

  • Oui ! mais tu vas alors nous noyer. Anna la cadette avait raison ; l’eau retenue par la digue se déverserait avec tant d’intensité que les maisons seraient perdues sous le courant.
  • Que faire ? Flèche ne savait plus quoi penser.
  • Utilise ton pouvoir de bouclier protecteur Anna ! répondit-il après quelques minutes de réflexion.
  • Et nous pourrions ainsi sauvegarder nos maisons et les champs. Anna sourit en pensant à la riposte. »

La famille Fleur rose s’organisa et dès le lendemain, ils se retrouvèrent face au barrage. Le papa détruisit les pierres qui retenaient l’eau et Anna créa une bulle magique entourant la bourgade asséchée. La rivière libérée contourna alors ce dôme sans détruire les lieux. Après quelques minutes, le courant normal se rétablit. Anna ôta la bulle et l’eau put réalimenter les prés et les sources. Les fleurs reprirent leurs teintes du printemps. Les champs de maïs sourirent de retrouver leur énergie. Le chant des fontaines berça de nouveau les rues. Les visages souriaient et les premières rasades d’eau furent un délice absolu.

La famille Fleur Rose avait réussi à défaire ces plans démoniaques. Une fois de plus.

Mais où était Feuillage Vert ? Toujours en liberté et réfléchissant sans doute déjà à sa prochaine action de terreur …

Fin

Clara VINDRET juillet 2022

Les histoires de l’éléphante 3

Faïence

Notre terre s’éloigne. Il n’y a que nous dans ce vaisseau qui accélère pour atteindre une vitesse à rendre le temps futile.

Nous traverserons ainsi l’espace en ne laissant que des millions d’heures pour n’écouter que ton souffle dans ce silence stellaire. Une infinité de secondes où il n’y aura que toi et moi. Notre amour comme équipement. Ton regard comme unique oxygène.

Nous ne sommes plus qu’une poussière au sein de cette voie lactée à la dérive parmi tant d’autres.

Seuls à deux.

A l’approche de la destination finale, nos enfants riront dans notre monde d’avant. Ils regarderont ce ciel étoilé et apercevront notre lueur d’amour.

Celle qui nous a permis de braver le jour, la nuit, la chaleur, le froid, les tempêtes, les maladies, les staphylocoques, les amnésies, les insomnies, les folies, les détresses et toutes nos peurs.

Celle qui sait tant couver les fêtes, les mariages, les baisers au feu rouge, les voyages en voiture, les miracles, les étoiles filantes, les danses et nos rêves.

Celle qui a su briller au fil des vies et dans une infinité d’existences.

Ces deux roses sur la même tige.

Deux poissons rouges dans un petit bocal.

Ces deux oiseaux sur le fil.

La reine et son roi.

Ces deux âmes en peine qui fuient le monde.

La lionne et le lion.

Ces deux étoiles qui n’en font plus qu’une.

Et même, si je m’invente tout ça afin d’espérer l’immortalité de notre amour.

Et même, si je m’invente tout ça pour croire que je ne te perdrais pas.

Et même, si je m’invente tout ça pour t’aimer encore plus longtemps.

Peu importe …

On a qu’à s’inventer et se réinventer encore et encore. On a qu’à croire en notre éternité. On a qu’à se remarier.

Ou juste le dire … je t’aime.

Nuages

Ils sont beaux. Parfois inquiétants. Souvent si prompts à délier notre imagination.

Ils savent dévoiler des visages, des animaux, et tous ces trésors piégés par les arcs-en-ciel.

Les nuages peignent nos paysages. Ils réchauffent nos songes et se toisent de leur blancheur illuminée par le soleil. Jaunes chaleureux le matin. Blancs immaculés à midi. Presque roses le soir.  Sombres les jours d’orages. On les contemple en s’y perdant.

Sources de la pluie et puits des rêves, ils seront là bien après notre vie et tant d’autres sensibles jetteront peurs et joies dans ces « montagnes du ciel ». Celles que l’on ne peut gravir. Le lien avec les cieux. En levant nos regards, on les croisera avant l’espoir.

Parfois, les éclairs nous hypnotisent et les nuages se mettent en colère, bruyants. Le lendemain d’une teinte vanille sensuelle et apaisée, ils flottent sur l’océan bleu des cieux.

Lents, rapides, étirés, semés, ils vivront et nous les contempleront toujours aussi étonnés par leur danse céleste.

On se le dit quand ils sont absents. On les redoute quand ils voilent le bleu de là-haut.

Ils resteront les partenaires de nos vies et de toutes les autres aussi.

 De ONE LOVE à EDEN KARMA115