Ecrire mon monde

Mes mots au fil des jours, mes phrases pour partager, des pages pour aller vers ce roman.

Lettre au temps

Voici ces quelques mots pour toi, le temps.

Une lettre d’amour ou un chant de haine, je ne sais plus.

Une volonté farouche de te parler ou l’inconscience de t’apprivoiser, je ne sais pas.

Pris dans le piège infernal de ta danse qui ne s’arrête pas, je t’aime à la folie et te déteste ainsi.

Tu nous engendres les heures, les années, les existences et cruellement les débuts et les fins.

Le monde s’effile, alors, au gré de ton implacable marche vers le néant

Je recherche des sortilèges pour te duper, te désobéir. Une descendance, des mots, une trace qui ne peut s’effacer mais tu continues de me rire au nez…. Je m’effraie de te voir mincir au fil de mes rides.

Il parait que là-haut, dans l’univers, tu t’étires et que les atomes se jouent de toi. Je voudrais être aussi fort que ces lois de la physique qui ne sont finalement que des hypothèses avachies face à la peur de l’homme.

Tu avances sans pardonner. Tu oublies et jettes pour tuer.

On s’invente des machines pour te berner, te dresse des dimensions pour te duper, mais tu es toujours là, froid.

Grâce à toi, je brille. Sans toi, je ne serai rien. Tu me rends la passion, m’offres les larmes et me distille vers ton dénouement.

Mon ennemi. Mon allié. Le temps. Mon temps.

Et me voici à t’écrire et vaciller à l’idée de sombrer, un jour, dans ce vide absent de ton tic-tac qui s’égrène en riant.

 De ONE LOVE à EDEN KARMA121

Le vase volé

Le mois de janvier voit les jours grandir et les vœux de bonne année se partager. La famille Fleur rose reçoit ainsi des cartes emplies d’attentions délicates. Ce matin, c’est Anna qui récupère le courrier et elle découvre une lettre qui lui est destinée. C’est sa cousine Laura ! Anna est super contente.

Laura                                                                            A Prugny, le jeudi 12 janvier 2023

Coucou Anna, ça va ?

Je t’écris cette lettre pour te raconter ce qu’il s’est passé jeudi dernier. Je sais que je n’ai pas de pouvoir comme toi mais je vais te raconter un truc de fou ! Une aventure comme tu en vis si souvent :

Mes parents étaient partis au travail. Comme c’était les vacances, j’avais la chance de rester seule pendant presque trois heures. Je décidai, alors, d’aller voir mon ami Samuel pour jouer à la console. En allant chez lui, je remarquai cette voiture blanche qui rodait dans la rue depuis quelques jours.

Quand ce fût l’heure de rentrer, je vis ma fenêtre brisée et je découvris que notre vase de famille était volé. Je me suis, alors, dépêché d’aller chercher Samuel pour qu’il m’aide. En effet, avec ses lunettes pour voir les empruntes, on allait savoir où étaient partis ces voleurs.

Au bout d’une heure, on s’aperçut que les traces s’arrêtaient à l’entrée de la grotte de la forêt proche de la maison. On décida, malgré notre peur, de pénétrer en ce lieu sombre et inquiétant. En marchant dans cette pénombre terrifiante, on remarqua une petite lueur au fond. En s’approchant, on retrouva le vase posé sur une vieille table. On le prit très vite mais on remarqua des ombres qui arrivaient. C’était deux hommes habillés en noir, les deux individus de la voiture qui trainait dans la rue. On se cacha rapidement derrière un rocher mais Samuel éternua et les voleurs nous repérèrent. Samuel dit alors :

« – salut les gars !

J’étais surprise et affolée de ces mots. Je lui répondis :

  • T’as rien de mieux à dire. Je panique !!!

Les bandits nous demandèrent :

  • Vous avez quelque chose qui nous appartient !
  • C’est à moi ce vase monsieur ! J’étais déterminée.
  • Je ne crois pas ma petite.
  • Et ben si !!!! »

Et dans un élan de courage, je décidai de partir en courant. Samuel me suivit et les deux voleurs nous poursuivirent. Vers la sortie de la grotte, je vis un trou dans le sol. Je pris Samuel par la main pour qu’il ne tombe pas dedans et m’arrêta une fois passé ce piège naturel. Les voleurs arrivèrent sans apercevoir le fossé et croyant nous rattraper tombèrent dans le gouffre. La poussière se dissipa et l’on put les voir allonger à cinq mètres de profondeur. Je leur dis :

« – Messieurs, regardez devant vous la prochaine fois !!! Ah ah ah !!!! »

Les voleurs crièrent si fort que leurs voix résonnèrent dans toute la grotte.

On appela les policiers et tout se termina pour le mieux.

Mes parents furent si fiers de nous ! Pour fêter ça, le soir, on mangea une pizza !

Voilà !

A très vite ! J’ai vraiment trop hâte de venir te voir pour les vacances d’hiver.

Bisous et bonne année !!!

Laura ta cousine préférée 😊

Fin

Clara VINDRET janvier 2023

Les histoires de l’éléphante 6

Voix d’enfants

« Je suis effrayé par leurs mots : la guerre, les maladies et la misère. J’ai peur des paroles des grands. Et même si on me crie qu’il n’existe pas, je voudrais tant trouver ce trésor au pied de l’arc-en-ciel. » Ernest

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« Hier soir ma belle-mère m’a dit que je n’aurais jamais dû exister. Elle m’insulte, me rabaisse aux yeux de tous et personne ne dit jamais rien. Et je pleure dans ma chambre si petite de vide. Je n’ai plus que ces journées au collège où j’oublie ce qu’il se passe le soir…

Mon père ne me parle plus. Au fil du temps, il est devenu inconnu et mes demi-frères ont pris ma place.

Et ma mère, où est-elle ? Elle, aussi, m’a effacé de sa vie. Là-bas, avec sa nouvelle fille, je suis devenu souvenir. » Chloé

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« Le bus me conduit au collège. Il fait si beau aujourd’hui. Le soleil me réchauffe tendrement au travers de la vitre. La matinée souffle l’espoir et je repense à hier. Papa et maman étaient si heureux, si amoureux. Je les revois s’embrasser, se dire « je t’aime ». On était bien tous les trois. » Paul

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« Et tous ces jaloux qui me gueulent que j’ai tout ce que je veux. Ils envient ma si grande maison, ma jolie piscine, ma chambre, mon nouveau téléphone, mes habits et ces vacances de rêves dans les pays où la mer est si bleue.

Mais ils ne savent pas que je suis triste. Triste de solitude.

Mes parents, si grands chirurgiens réputés dans le monde entier, préfèrent se perdre dans leur verre de whiskies quand ils rentrent le soir. Je vis dans le silence et m’étouffe au fil des nuits à greloter de l’absence de ceux qui devraient m’aimer si fort. Je veux juste une famille et des sourires. Partir ailleurs, mourir pour renaître dans un appartement pourri où il n’y a qu’un papa et une maman qui me serrent dans leur bras. » Inès

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« Je me rêve sur le terrain. Les spectateurs scandent mon nom. Je m’élance pour tirer. Je marque. Des cris de joie. Des larmes de victoire. Je soulève la coupe du monde. La planète me félicite. » Samuel

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« Je pars à l’école ce matin avec jalousie et rage. J’ai froid, j’ai faim et mes baskets troués ne laissent de place qu’aux moqueries des autres. Je sors de l’ombre d’un bâtiment devenu prison.

Un jour, je partirai. Un jour je m’enfuirai de cette vie sans espoir.

Par tous les moyens, je vais me battre et devenir ceux qui ont tout ce que je n’ai pas. Peu importe la manière… » Tom

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« Il faut traverser la cour et passer devant ces regards qui ne manqueront rien de mes défauts. Trop petit. Trop maigre. Pas assez populaire. Pas assez suivi. Je marche en baissant la tête pour ne pas froisser les moqueries. Le temps s’étire et je me rêve déjà là-bas, dans la classe, au dernier rang où personne ne fera attention à moi. Invisible aux yeux de ceux que j’envie tant. » Dan

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« Le paysage défile à l’allure folle de ceux qui ne craignent pas la chute. On traverse la forêt aussi vite que les insectes se poussant sur notre passage. Une bande de gamins insouciants qui dévale le sentier à vélo. Je suis au milieu du groupe et reste aux aguets, concentré, déterminé et joyeux de me rêver comme dans ces films où tout est possible. On va bientôt s’arrêter pour manger des BN et boire du Tropico. Elles sont trop bien ces grandes vacances. » Jules

 De ONE LOVE à EDEN KARMA120

Melina, mon petit violoncelle

Le silence inonde les sens et tu fermes les yeux. On te regarde.

Une note discrète, peu assurée puis ton visage qui s’illumine. Melina et son violoncelle.

Tu es si majestueuse du haut de tes 8 ans. Ton sourire me surprend au fil de ce temps qui te fait grandir.

Toi, ma fille, mon indomptable, ma sauvage, ma passionnée.

Tu fuis pour que l’on t’appelle. Tu vis sans te soucier et pleures sans larmes. Ton cri pour nous forcer à te regarder.

Tu es ce violoncelle si délicat à étreindre. Un son lourd et soyeux. Des notes graves mais si douces.

Comme cet instrument, tu es fragile et loin de toute discrétion. Une mélodie en équilibre. Douce et rugueuse. Calme et tempétueuse. Au bord du vide et si haut dans le ciel. Dans l’orage et sous le soleil. Tu m’étourdis comme le son de ces cordes qui vibrent sans laisser de place à l’erreur. 

Mon petit violoncelle.

Tu as peur du noir mais je te crois indestructible. Tu te mues, te changes à l’excès et te camoufles pour ne pas te dévoiler.

Mais qui es- tu ?

Qui est la petite Momo ? Celle qui pleure quand elle est seule. Celle qui a si peur qu’on l’oublie. Celle qui en fera trop. Celle qui est si sensible. Celle qui se construit l’assurance pour qu’on la croit forte.

Ma fille, mon petit violoncelle, capable de rendre magnifique la note la plus discrète.

Ne change surtout pas.

Je ne pourrais te dire que je t’aime car c’est bien plus que ça.

Papa

De ONE LOVE à EDEN KARMA118

Le Noël de la famille Fleurs rose

Noël approchait et la neige vint recouvrir la contrée.

Le père Noël, dans sa forêt enchantée de l’autre côté des montagnes, se promenait pour ramasser les branches nécessaires à la construction des paniers contenant les cadeaux. Prêt d’une grotte, il vit une personne congelée. Il eut de la peine pour lui et alla la voir. C’était Feuillage Vert ! Le père Noël, qui ignorait qui était cet individu, lui enleva son sort et lui dit :

« – Bonjour, qui es-tu ?

  • Bonjour Monsieur le père Noël, je suis Feuillage Vert.
  • Quel drôle de prénom ! Voudrais-tu venir te réchauffer chez moi ?
  • Oui je … je voudrais bien.
  • Allez ! »

Et le père Noël emmena Feuillage vert chez lui. Ce si méchant personnage qui avait été gelé puis jeté à travers les montagnes par la Famille Fleurs rose.

Au fil du temps, ce dernier aida le père Noël et devint le chef des lutins. Il mettait les cadeaux dans le traineau.

Mais, dans un souci de vengeance ignoble, il vidait les cadeaux de leur contenu, refaisait les emballages et disposait des présents vides dans le traineau. Personne ne se rendit compte de cet act odieux.

La veille de Noël, le père Noël allait partir distribuer les cadeaux quand Feuillage Vert lui dit :

« – Venez père Noël ! Il y a un loup dans l’atelier. Les lutins ont si peur. »

Il emmena alors le père Noël dans une pièce pour l’enfermer dedans. Feuillage Vert alla voir les lutins pour leur dire qu’il distribuerait les cadeaux car le père Noël était malade.

Feuillage vert partit, ainsi, sur le traineau en cette nuit de Noël.

A minuit, il avait, déjà, distribué des cadeaux vides dans trente maisons, dont celle des Fleurs rose. Dans celle-ci, Clara la petite dernière, si impatiente, ayant entendu les clochettes des reines, descendit vers la cheminée pour découvrir les cadeaux. Elle ouvrit le sien et eu la malheureuse surprise d’ouvrir un carton vide. Elle pleura, alors, de toute ses forces et réveilla tout le monde. Ils furent tous tristes et surpris. La mamy, qui avait le pouvoir de vision, leur dit :

« – C’est Feuillage Vert le responsable. Il a enfermé le père Noël et il distribue la peine cette nuit !

  • Nous devons agir au plus vite déclara le papa. »

En effet, il fallait réagir très rapidement car bientôt tous les foyers seraient visités par Feuillage vert et ses cadeaux vides. En plus, il serait nécessaire de retourner chez le père Noël pour récupérer les vrais cadeaux pour les offrir ensuite. Le temps manquait. C’était sans compter sur le nouveau pouvoir de la famille. La petite Clara avait disposé d’un pouvoir et, maintenant, elle pouvait combattre. Elle avait le don de vitesse. Elle devait l’utiliser !

C’est donc avec une vitesse immense que toute la famille partit chez le père Noël. Aussi rapidement que l’éclair qui s’abat sur l’arbre, ils récupérèrent les cadeaux et repartirent pour le village. Le père Noël retourna, ainsi, dans chaque maison et les Fleurs rose enlevèrent les cadeaux vides.

Au petit matin, le soleil se leva sur une neige soyeuse. Dans chaque foyer, les enfants purent vivre ce moment magique avec leur famille. Le bonheur comblait les habitants. La magie de Noël était bien présente.

Pendant ce temps, Feuillage Vert observait du haut de la colline. Sa surprise fut immense quand il vit tous ces sourires et moments de joie. Sa manigance n’avait, une fois de plus, pas fonctionné. Il hurla de rage et se jura de revenir…

Clara put, quant à elle, ouvrir le cadeau qu’elle attendait tant. Un nounours géant au pelage si doux. Cette journée de fête fut merveilleuse.

Les Fleurs rose ouvrirent une lettre qui se trouvait au pied de leur sapin :

« Chère famille Fleurs rose,

Je vous remercie d’avoir fait perdurer la magie de noël.

Joyeux Noël.

Le Père Noël »

Fin

Clara VINDRET novembre 2022

Les histoires de l’éléphante 5

En miettes …

Quelques lignes pour ceux qui sont en miettes, fanés, perdus, ailleurs à pleurer en silence. La douleur les fait flotter pour les égarer tel ces navires voués à se dissoudre dans l’océan déchainé. Les cordes sont rompues et parfois les blessures ne se voient plus, isolées de la souffrance.

Que ces brisés par l’amour, la haine, la maladie ou l’ennui se voient plus beaux que ceux qui jugent leurs maux.

Sortez de vos prisons. Vous êtes magnifiques d’espoir, si beaux du futur.

Un jour, vous ne serez plus en miettes et vos larmes resteront ces compagnons qui n’abandonnent pas. Cicatrices d’avant. Alliés d’aujourd’hui. Vestiges balayés par le vent de l’espoir.

A la fin, il ne restera que vous couleurs. Ramassez vos morceaux et reformer votre puzzle d’existence. Les miettes respirent et redonneront la vie.

 De ONE LOVE à EDEN KARMA119

Le vent froid souffle sur la chaleur d’automne

Mon clan dort encore et je me lève, gardien du phare solitaire de la tempête. Calme et protecteur. A sa place et serein. Déjà mon téléphone me notifie le risque nucléaire. Je joue avec le petit bonhomme qui s’imagine encore sans me faire percuter par l’obscurité des nouvelles de ce monde malade. Heureux de l’univers que je me suis construit, je suis effrayé par celui qui grogne à l’extérieur. Cris. Rage. Peine.

Je pars et le soleil reflète son éclat sur la pelouse gavées de gouttes de rosée. Des pépites d’or semblent avoir été parsemées par la nuit. Il y a du rose et du coton dans le ciel. Les vignes d’automne sont riches de leurs couleurs chaleureuses. Jaunes, oranges et la délicatesse qu’offre la nature à nos rétines éblouies. J’ouvre la fenêtre de ma voiture et glisse mon bras à l’extérieur pour me croire oiseau qui vole parmi le levant. Illusion soyeuse de liberté.

Il n’y a plus d’essence et ils se battent, animaux sauvages, hagards et peureux. C’est la guerre aux portes de nos maisons. Des bombardements, des vies perdues et une grève qui étourdit. Les lamentations peignent la saison.

J’arrive, maintenant, à la rencontre de mes élèves. Il y a leurs rires et leur naïveté comme force absolue. Je suis en paix. Bientôt je vais prendre place dans ce fauteuil vert aussi vieux que désuet. Je réalise avec joie que tout cela n’est qu’un jeu.

Aujourd’hui, une gamine de douze ans c’est fait assassiner. Il n’y a plus d’espoir dans le lendemain. Les critiques valsent avec le jugement. Notre idée est la meilleure et l’on oublie les points de vue de chacun. On n’espère plus. On ne rêve plus. On veut.

Bientôt je glisse sur le parking avec un caddie devenu engin de toute vitesse. Je m’imagine pilote. Rêve éphémère.

Je rentre, enfin, chez moi et je conduis avec la symphonie qui me fera écrire des mots pour me passionner, créer, vivre, exister, ne pas être oublier.

Un gosse a été tabassé à mort par son beau-père. Des coréens ne sont piétinés jusqu’au trépas. On s’insulte dans l’assemblée et l’on se perd à la télévision.

Je pense déjà aux prochaines histoires que nous construirons. Des spectacles, des films, des représentations, des contes pour enfants. Ces instants de partage qui ne pourront se perdre dans l’oubli. Je reviens vers le foyer de ma vie. Je croise son regard et j’entends leurs voix.

Le monde est un feu. Une adolescente a disparu, on la retrouvera étranglée. Les nations se dressent les unes contre les autres.

Mon univers se resserre sur lui-même. Le soleil se couche et la lumière peint des paysages magnifiques. Les oiseaux s’en vont vers d’autres pays. Ils écrivent dans le ciel des mots inconnus.

Il fait si chaud pour un mois d’octobre. Il n’y a plus de saison et la terre se meure par notre faute.

J’ai peur et je m’enfuis. Je ferme les yeux et me retrouve dans ce champ de fleurs. Une brise légère me caresse le visage. Mes enfants courent et l’écho de leurs rires embrasse les arbres qui nous entourent. Elle me tient la main. Mes larmes me saluent. Je suis là. Paradis.

Mais il fera si froid dans les cœurs. Nous n’avons plus de gaz et d’électricité. La foule gronde…

Millions de cœurs 77

Norah le 30 octobre 2022

Pour éviter que je chute, une fois de plus, dans ces larmes qui m’empêcheront de parler, j’ai décidé que j’allais avoir davantage d’humour :

Mais, je n’y parviendrais pas … de la légèreté alors … non ! Je vais faire du Charly et ça ira très bien ainsi.

Avant tout, un grand, un très grand merci à Basile et Lindsay pour m’avoir offert la confiance d’être le parrain de Norah.

Norah … je n’ai, en effet, que quelques mots à t’offrir aujourd’hui :

Avec toi, je ne me prendrais pas au sérieux à essayer de t’apprendre. D’autres s’en chargeront beaucoup mieux que moi, ne t’en fais pas. Je ne serais pas, aussi, celui qui te conseille du haut de son expérience. Non …

Je serais aussi simplement que possible celui qui tentera de trouver ce petit truc à tes côtés. Ce détail très important dans ce monde de folie. Essentiel !!!

J’espère que l’on s’émerveillera devant les couchers de soleil, que l’on fera des vœux sous la danse des étoiles filantes, que l’on sera spectateurs des scènes magnifiques dessinées par les nuages… Et que l’on tentera finalement de trouver ce truc …

Ce foutu trésor au pied de l’arc-en-ciel …

Car je suis convaincu que c’est très important, voir obligatoire de notre temps.

De la rose et du sel

Et cet Echezeau d’un millésime oublié par naïveté bouleversa mon histoire avec le vin.

Au cœur d’une cabane de chasseur, perdue dans les champs de l’Aube, mon ami m’a offert la grâce de découvrir une de vos créations. Grand domaine de Romanée Conti, vous êtes de véritables orfèvres de la vigne. Merci de nous offrir ces moments qui resteront au-delà de la normalité. Je me suis retrouvé, cette nuit-là, happé par la rose et le sel. Envouté. Bousculé. Émerveillé par ce goût. Une perfection de l’instant. Un dosage parfait. Je suis devenu harpe nouvelle jouée par le musicien le plus talentueux, caressé par ce vin ouvert à découvrir le fabuleux. J’ai vibré tel une corde qui laisserai la plus belle des mélodies s’échapper de son corps. Un de ces instants qui suspend le temps …

Je me suis demandé, alors, comment était-ce possible de transformer le raisin en tel breuvage ?

La mixologie offre des artistes qui mélangent les saveurs pour créer le bonheur. Mais vous êtes différents…

L’artisanat de la Bourgogne qui distille le fruit au travers d’une terre si riche. Mais vous semblez au-delà …

La magie, alors… comme la marraine la fée qui transforme la citrouille en magnifique carrosse. Mais, encore là, je n’oserais vous écrire en de tels mots.

Ma plume se heurte aux sentiments, aux sensations, à la grandeur …

Et s’il fallait juste dire que c’était bon … Ce vin m’égare, m’éparpille, me disperse.

Je me souviendrai ainsi de la rose, du sel et de l’émotion certaine qui me traversa alors.

Merci à vous.

Mais sachez tout de même, qu’au fond de mon cœur, je préfère vous imaginer magiciens aux formules magnifiques car c’est tellement plus soyeux pour un souvenir.

BIBIDI BOBIDI BOU

Millions de cœurs 76

On fait le tour du lac à vélo ?

La remorque se charge de ces vélos sortis de l’ombre du garage. On range, s’installe et se hâte. L’aventure n’est plus très loin. Encore quelques minutes avant d’ouvrir les portes du sublime.

Certaines ne sont, pourtant, pas pressées par l’effort gigantesque à venir. D’autres, naïfs de l’instant, sourient devant le défilé onctueux des paysages de la fin de l’été.

Je lui tiens la main. Elle me sourit. Il fait si beau aujourd’hui.

Il est, maintenant, l’heure que ces cinq aventuriers chevauchent leurs quatre vélos. Il sera à l’arrière avec moi, dispensé par son âge de pédaler. Elles me suivront pour débuter une valse tranquille sur les bords du lac.

Dans la forêt, nous imitons une horde de loups affamés, si à l’aise de pouvoir glisser vers ce lâcher prise de ceux qui sont seuls au monde.

Des rivages laissent éclater le bleu turquoise de l’eau et les verts flamboyants des arbres. Mes filles y contemplent leurs rêves et je me perds à laisser ma sensibilité se heurter aux vagues légères.

On lève les yeux au ciel pour s’honorer d’une plume dessinée par les nuages.

On se baigne un peu, encore frileux de l’océan d’il y a quelques jours.

On repart feignants de pauses démesurées.

On découvre des abords solitaires de la foule. Cachés. Secrets.

On rit. On s’imagine. On chante. On croise des êtres fabuleux.

J’entends les plaintes de fatigue et je méprise tendrement leurs envies de boire.

Le temps se distend et l’on regrette déjà de revenir à notre point de départ.

Au retour, ils dorment, gavés des couleurs de la journée. Une musique emplie de calme raisonne dans la voiture pour oser apprécier la perfection des vacances de notre clan.

Millions de cœurs 74