Triste prof …

Triste prof

Pardon, je balbutie mes mots. Colère. Impulsivité.

Je suis enseignant, naïf voguant sur l’océan doux et soyeux de ceux qui croient en l’école.

Et j’entends ces mots.

T’as un boulot de rêve toi !

T’as de la chance toi !

Une mélodie si entêtante… Rengaine qui me harcèle…

Je me bouche les oreilles pour ne plus entendre ces palabres si lointaines.

L’école, sanctuaire où l’on apprend, où l’on se trompe, où il est encore possible d’espérer que tout sera beau. Cité où l’on ose encore ne pas donner de place à la religion. Monde qui souffre des égarements de notre société.

Et nous, profs, perdus à la reconnaissance … esseulés à se battre contre un ouragan sans fin.

Personne ne nous a applaudi quand parés de nos masques nous festoyons avec un virus qui fit chanceler le monde.

Et maintenant qui pour accuser ces ignobles qui égorgent, qui tuent, qui assassinent ? Ceux que l’on admire n’ont pas mal à la France ce soir…

Nous ne sommes plus rien.

Je suis blessé de voir que l’on peut rentrer dans cette si magnifique institution pour détruire la vie de ceux qui ont perdu la reconnaissance de leurs pairs et qui peinent chaque jour à éduquer.

On s’égare dans la noirceur des ignobles qui veulent émanciper leur parole sous le couvert d’une religion pourtant enracinée dans la paix. Au nom de dieu, on a fait couler le sang.

Au nom de dieu… Et moi qui croyait que la religion devait se vivre avec pudeur.

Il y aura maintenant des recueillements pour ce métier bouclier aux idées qui gercent notre pays.

Je suis un triste prof ce soir… perdu et si loin de l’espoir … mais demain je reviendrai dans ma classe et je cacherai ma peine pour leur apprendre à vivre dans ce monde merveilleux.

Millions de cœurs 79


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