
Un père, son fils, le basket et le temps
Le manège de la vie tourne si vite.
Mon fils dépose sa tête sur mon épaule comme je l’ai fait il y a si longtemps sur celle de mon père. Nous sommes tous les deux dans les tribunes à regarder le match. Il y a ce ballon qui rebondit, ces bruits stridents des baskets sur le parquet et les commentaires que l’on ne se fait qu’à nous. Des sourires, une vie pour quatre quart temps et c’est déjà la fin où nos ombres sortent de la salle, un peu ivres d’avoir été juste insolents de partager l’instant. Dans la voiture, on refait encore le match, heureux.
Mais ce soir, c’est moi qui conduis. Samuel vient de débuter sa vie au fil de ce jeu et je ne peux que m’éblouir du dessin que ce fût moi qui était à sa place, avant. Je suis devenu ce que mon père était et mon fils gambade maintenant dans le chemin que j’ai emprunté. Le temps est insensé, sévère…
Et bientôt, il jouera comme je l’ai fait. Je deviendrai alors ce regard dans les tribunes qui le rassurera tant. Celui que j’ai recherché à chaque seconde.
J’ose croire que nous vivrons ce que j’ai vécu. Et pourquoi pas l’embellir. Cette histoire qui débute sera différente de la mienne et je chavire ainsi à réaliser que les années s’entassent à la folie. La vie, ma vie, sa vie, leur vie…
Mes larmes ne sont pas tristes ce soir, elles sont juste éprises d’une douce mélancolie.
Et un jour, ce sera au tour de Samuel d’emmener son fils à un match de basket.
Le manège de la vie tourne si vite.
Millions de cœurs 94
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