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Mes doutes envers elle étaient si grands. La crainte qu’elle vienne détruire la vie d’avant me harcelait. Et si les liens de famille se rompaient au détour de ces heures à distiller du temps pour une autre. Devenant cet impatient qui veut s’enfuir, je soufflais alors la culpabilité de ne pas te vouloir. Toi venue d’ailleurs et moi n’osant pas encore prononcer ton nom.
Tu es née là-bas, derrière ces collines enneigées, où les étendues d’herbes sont englouties par les inondations hivernales. Que le chemin fut long pour aller te chercher. C’était une belle après-midi d’hiver ou le ciel bleu se reflétait dans les lacs gelés, ou les arbres flétris et marrons embrassaient les prairies blanchies par de froides températures.
Et je t’ai vu. Et tu m’as regardé pour m’adopter et m’aimer sans rien demander d’autre. Et j’ai tout de suite compris qui tu deviendrais. Gwen, petite labrador noire. Gwen la sixième. Gwen qui se couche sur mes pieds pour les réchauffer. Gwen et ses yeux, ce regard. Comme si tu avais toujours fait partie de nous.
Ainsi, on écrira ensemble des histoires pour remplir la bibliothèque qui grandira au sein de nos murs, pour toujours. Tu es nous dorénavant.
Notre vie se comble aujourd’hui d’une présence qui ne fera pas déborder le vase de l’existence. Ce dernier s’agrandit car il sait apprécier les liquides les plus précieux.
Continuons à foncer dans le mur de la joie. Celui-ci est en mouvement et sait si bien se cacher pour ceux qui se refusent à croire que l’on est mieux avec un cœur de plus.
Bienvenue Gwen !
Millions de cœurs 97
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