
Au détour de …
Je ne savais pas que la perfection pouvait s’approcher au détour de ces si petits détails qui peignent la vie. Avec mes alliés, je n’ai pu que me soumettre à celle qui arrive quand on ne s’y attend pas. Au détour de ce « plat pays » qui n’avait pourtant rien pour m’apprivoiser, elle est venue cette folle magnifique qui rassure tant d’être vivant.
Là-bas, je l’ai trouvé. Perfection.
Elle nous avait dit que ces statuts, affolantes de beauté, seraient sur cette plage frileuse du début de printemps. Et nous voilà, à regarder, à chercher, à scruter. L’horizon se mêlait avec la
mer du Nord et tout semblait flou, il n’y avait rien. Les vagues fébriles ne faisaient pas assez de bruit pour voiler le chant des mouettes et l’on attendait le néant. Mais la mer s’en est allée
avec la marée, rengaine de la vie. Et là, cet homme s’est découvert. Il sortit des flots, magnifique de solitude, de tristesse et de ce désarroi à profiter de quelques heures avant de se
perdre encore dans les profondeurs. On s’est approché de la statut, intimidés, ébahis par le charisme caché qui s’en dégageait. Cet homme était beau, éphémère sentiment retenu pour le départ des flots. Le temps se figea. Un orage vint, alors, nous effilocher de cette rêverie. Nous avons couru pu nous protéger, en riant, heureux d’avoir rencontré la statut qui sort de la mer.
Nous marchions amères de n’avoir que le commun d’une cité comme les autres. Mais au détour d’une rue, nous avons jeté nos regards sur ce paysage unique, simple, magnifique. Un
canal bordé de maisons aussi colorées que multiples. Les rayons du soleil couchant illuminaient les façades pour embellir les teintes. Et bientôt, les cloches de cette cathédrale
vinrent ponctuer ce tableau aux mille couleurs. On ne parlait plus, envoutés par le paysage. Une peinture unique. Si belle.
La journée se devait de s’achever, éprise des souvenirs heureux. Tristes de ce temps qui s’allonge si vite quand tout se passe à merveille, nous avions décidé de ne pas rentrer tout de suite, espérant poursuivre ce rêve éveillé. Et nous avons gravit cette dune… Dernière elle, se dressait notre étoile qui basculait vers d’autres mondes et un matin nouveau. Il y avait cette plage immense au sable doré par les rayons soyeux. Il y avait ce ciel aux nuages devenus roses. Il y avait les miens qui couraient sur la grève avec leurs rires aux échos joyeux. Et moi à contempler, en paix, cette scène magnifique. Parfaite. Le soleil se perdit dans l’horizon. Le ciel brula et devint orange. On joignit, alors, nos mains et repartit dans ce calme qui respire la perfection de l’instant. Câlin de famille plus fort que le temps qui passe.
Au détour d’une marée, d’une rue, d’une dune, ce pays est magnifique.
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