Les hautes herbes

Dans les hautes herbes

Mon fils est perdu dans les hautes herbes d’un champ renaissant de l’hiver. J’entends sa voix, lointaine, presque chantante et le cherche au détour des fleurs qui bougent. Je discerne, ainsi, une tête aux cheveux blonds qui tente de s’extraire de cet élan vert du printemps. Je cours pour le rejoindre et m’égare, alors, dans cette flore nouvelle. Les herbes se frottent et je dessine un chemin avec les bras pour traverser cette immense foule végétale se dressant face à moi. Des fleurs aussi jaunes que le soleil du matin se collent sur mes vêtements et je le retrouve. On crie pour ne plus parler et se réjouir de l’instant.

Je le prends dans les bras, il rigole et monte sur mes épaules. On aperçoit, alors, sa sœur également égarée dans le pré qui monte vers la forêt. Et la voilà qui s’élance, à son tour, dans ce ballet désorganisé d’une course épique avec les hautes herbes qui frétillent sur son passage.

On est dans ce monde perdu pour renaître dans un chemin. Quelques tiges se sont accrochées à nous et notre souffle est court. J’appelle ma chienne et elle arrive déjà, s’évadant aussi de ce champ aux milles couleurs.

Rentrons maintenant chez nous, le soleil se couche et les oiseaux chantent leur comptine du soir.

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