Le grillon

Le grillon


En ce temps, il n’y avait pas encore les bâtiments pour me faire de l’ombre et ma naïveté immensément fabuleuse m’offrait la croyance que les nuits étaient aussi douces que les plus belles aubes.


Je suis dans ce pré à la pente rude. En face de moi, se dresse un champ de maïs et au fond là-bas, derrière la bute, j’entends chanter le Rhône et son débit de forcené. Le soleil se couche et l’été vient m’hypnotiser de la plus douce des manières. Le monde respire après la chaleur de la journée et déjà les premières étoiles s’aperçoivent dans un ciel de moins en moins bleu et de plus en plus rose.
J’écoute, je guette les grillons. Petits insectes qui, parait-il, en frottant leurs pattes, distillent une mélodie douce. J’essaie de capter leurs sons et je m’empare alors d’une longue tige d’herbe. Aux aguets, je m’assoie et trouve un petit trou dans la terre sèche. J’y introduis alors la fine branche tout en la secouant. J’attends si peu de temps avant de le voir sortir de son antre. Le grillon est là.

Je le capture avec mon pot de verre mais le relâcherai avant d’aller aux pays des rêves, il n’a pas de soucis à se faire.


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