Ecrire mon monde

Mes mots au fil des jours, mes phrases pour partager, des pages pour aller vers ce roman.

Dans la cave de Claude Dugat …

Cela faisait tant d’années que je voulais l’écrire, le partager, le conter. Tant de jours, où j’ai désiré dévoiler ces heures au-delà du temps, ailleurs.

Lors d’une après-midi de décembre, nous sommes partis à l’assaut de la Bourgogne. Les vignes se laissaient, alors, à dévoiler une couleur presque dorée qui se parait, avec merveille, du ciel bleu de l’automne vieillissant.

Les viticulteurs brûlaient les restes de la vendange en fournaches discrètes et les fumées évaporaient un été qui redevenait poussière. Les vignobles s’endormaient pour l’hiver à venir en brillant de leur envoutante teinte jaune. Les coteaux de Gevrey-Chambertin s’offraient à nous dans sa parure la plus exquise.

Nous avons frôlé des domaines aux noms flamboyants, côtoyé l’exception que je ne boirais sans doute jamais. Au détour d’une rue calme, nous nous sommes garés dans un parking aussi discret que simple. Ici, des voitures incapables de dévoiler un luxueux logo, longeaient un édifice austère qui nous toisait avec une gentillesse froide. On dansait avec le silence.

Un homme est descendu pour nous rejoindre. Ancien, calme, presque religieux. Son sourire est venu nous apaiser et une poignée de main brisa la glace de la timidité. La gêne de ceux qui ne connaissent pas les codes de cet univers était évaporée. Tout semblait prendre sa place comme suspendu pour ne plus se réfléchir.

M. Dugat nous conduisit dans le cœur de son royaume et nous avons glissé dans les caves de la maison. Au détour de quelques peintures et vitraux lumineux, nos yeux se sont habitués à la clarté floutée par les pierres centenaires. Nos pas allaient dans le passé et nos cœurs semblaient annoncer cet instant où tout serait différent.

Entouré de ces tonneaux, coffre-fort du terroir, le maître des lieux, personnage reconnu dans le monde entier, nous fit déguster ses vins et le temps s’arrêta…

Je laisserai la primeur à mon ami qui me permis cette aventure pour dépeindre les goûts, les parfums et les couleurs de ces flacons d’exception. Il saura, avec plus de poésie et d’amour de la vigne vous transmettre la passion du breuvage divin.

J’irai, seulement, offrir le bonheur qui découla de ces vins. Vivants. Imparfaits et grandissants. Changeants. Figures de mouvement. Et c’était bon ! Tout simplement bon ! Le propriétaire, artiste, orfèvre, artisan du bonheur nous compara ses chefs-d’œuvre à des vivants, des défunts, des saints, des animaux. Nous avons été transportés, charmés puis étourdis.

Je retiendrai de cette journée la beauté que l’homme peut créer. Et avec toute l’imperfection dans laquelle nous vivons, les vins ne peuvent que nous ressembler. Parfois lumineux, souvent secrets, quelquefois dures et la plupart du temps absents du compromis. Les vins de Claude Dugat sont emplis de couleurs et d’émotions. Ils se parent de tous les sentiments humains. Intenses, ils avancent sans se retourner. Excessifs, ils plaisent sans chercher à le faire.

Merci à M. Languillat pour cette après-midi dans les vignes d’or de Bourgogne.

Merci pour cette rencontre aussi simple que magique.

Merci à M. Dugat.

Millions de cœurs 67

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :