Du rire aux larmes

Du rire aux larmes

Quand tout est beau, on a du mal à croire que la seconde d’après peut offrir ces sentiments adversaires des journées éclairées par le ciel bleu.

Avant, tout glissait dans la sensation divine de la simplicité. Le soleil étincelant et la neige immaculée au reflet doré conjuguaient si bien cette journée de vacances. Elle me suivait, sourire harnachée à sa crainte de débutante. Ces minutes étaient soyeuses, limpides, merveilleuses. Ma fille était heureuse, flânant avec les descentes de cette station des Alpes. On ne parlait plus. Un regard, un sourire et Mélina qui apprenait.

Mais une seconde a suffi pour que l’on bascule ailleurs, hébétés de la naïveté qui nous précédait. Elle allait peut-être un peu vite, elle était sans doute fatiguée. Une chute et les larmes vinrent alors parsemer notre tableau de ces teintes qui font plisser les yeux. Elle est quand même, redescendue jusqu’à la station avec son poignet cassé, triste, déçue de ne pas poursuivre cet élan majestueux qui nous guidait depuis deux jours.

Elle voulait faire la piste bleue. Elle voulait glisser et voler avec moi. Un père et sa fille.

Elle m’a regardé et m’a dit :

« Papa, ce n’est pas grave ! L’année prochaine on fera la bleue. Et je skie bien quand même ? T’es fière de moi hein ? »

 De ONE LOVE à EDEN KARMA142


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