Il marche

Il marche

MOI

Je le vois presque tous les jours. Il marche tel un insecte déambulant dans le vide de la vie des autres, sans but, sans allié, sans répit. Canette de bière à la main, tête baissée vers le sol, son sourire se perd dans l’ivresse. Et moi, chaque matin, je le regarde s’effacer lentement, tristement. Le soir, entouré des miens, repus d’un repas, de passion et de rêves réalisés, je pense à lui, marcheur du néant solitaire, oubliant qu’il vit encore parmi les vivants.

LUI

Ce matin, je marche encore. Il ne faut surtout pas que je m’arrête, ne devant plus respirer consciemment. En apesanteur pour seulement me déplacer, l’alcool de ma mauvaise bière devient voile de mes pensées. J’avance alors pour ne plus être, invisible aux yeux de ceux qui ignorent que tout peut s’arrêter quand on est naïf et trop rêveur. Je veux brûler mes souvenirs, ma lâcheté me dictant ainsi un chemin sans fin. Il ne faut pas s’arrêter car si je stagne, je serai vivant et je pleurerai alors, meurtri, honteux…

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