Ecrire mon monde

Mes mots au fil des jours, mes phrases pour partager, des pages pour aller vers ce roman.

Survêt, baskets et sac à dos

La cours du collège voit la valse naïve de ceux qui se croient encore invincibles. Survêt assorti au sweat et aux baskets, je regarde cette foule tanguer entre le jeu et cette envie farouche de s’imaginer ailleurs. J’arrive bientôt à leur hauteur et ils m’aperçoivent déjà au-delà de ce boucan heureux. Les premières lueurs du jour projettent sur les façades de ces petits bâtiments les couleurs dorées de l’automne naissant. Les arbres brillent par leur feuillage jaune, rayonnant.

Cela faisait si longtemps que je n’avais pas saisi la magie de ma profession.

Je suis « prof de sport » et ils me disent tous chanceux du haut de leur jalousie farouche. Se faire toiser de cette envie cachée m’a si souvent déversé dans la rage orgueilleuse. Je dépérissais, alors, de les entendre gémir de mon temps et de mes jours qui ne souffraient que d’avantages. J’ai, ainsi, perdu l’envie… les heures sont devenues des siècles et mes compétences se sont tues. J’ai tourné en rond dans une pièce trop petite, démuni de fierté et sensible à l’obscurité des nouveaux humains.

Puis les vents m’ont fait changer de lieu pour arriver ici… dans un monde simple et précieux.

Aujourd’hui, sac à dos, baskets, survêt et le sourire des satisfaits peu pressés par les soucis, j’avance vers ma classe, conscient que je ne dois rien au hasard et fière d’être ce prof envié mais aimé de tous. Je me sens l’utile allié de l’équipe qui remportera ces tous petits combats qui allument les sourires.

Le soleil se lève sur la piste d’athlétisme et son rayon doré devient couloir vers le ciel. Des volutes légères évaporent l’humidité matinale. Le vert de la pelouse du terrain de foot se mêle au rose des nuages caressés par l’aube. Ils courent dorénavant un peu partout, désordonnés et sourire aux lèvres. Certains ne voudront pas et d’autres trouveront le trésor sous l’arc-en-ciel. Quoiqu’il arrive, il y aura un miracle aussi infime soit-il qui naîtra de ces heures. Des victoires qui offrent la confiance survoleront nos instants pour nous donner la force de croire que l’on est à notre place.

Ce matin, je suis ce prof d’Education physique invincible depuis peu de ceux qui me nomment prof de ballon sous couvert de cette envie cachée d’être là-bas dans un gymnase ou sur un terrain, assorti au ciel et « distribuant la joie » …

Millions de cœurs 59

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