Ecrire mon monde

Mes mots au fil des jours, mes phrases pour partager, des pages pour aller vers ce roman.

Les marchés de Prugny

Pendant de très brumeux dimanches, l’église a chanté sa solitude. Elle a osé hurler son ennui au détour de ces soirées pluvieuses. Elle, si belle, ne voulait que partager sa terre, ses lieux, son village.

Il ne manquait plus que des sourires pour évincer les nuages, des cœurs impatients de retrouver l’autre pour réchauffer ces heures.

Quelques besogneux on, alors, choisit de se perdre dans l’aventure sans savoir si le dénouement serait heureux. Incertains mais décidés de relancer le battement des cœurs de Prugny, ils se sont levés vers cette place protégée par l’église Saint – Nicolas.

Et celle-ci ne fût plus seule. Elle pût, enfin, surveiller ceux qui ont décidé de venir déambuler dans le marché prugnot. L’histoire s’écrivait et plus rien ne pouvait éteindre les flammes du récit.

Les mois ont, ainsi, vu les pages se combler d’enthousiasme. Tel le nid de l’oiseau qui se construit avec lenteur et fragilité, les marchés sont devenus plus grands et de plus en plus d’âmes sont venues se satisfaire des simplicités humaines. Se rencontrer, parler et acheter ses raisons sublimes de revivre dans ce monde masqué.

La place brilla d’illuminations naïves et la valse claire de l’éphémère embrassa le village. On respira le vin chaud et la délicatesse des marrons nous prêta le sourire.

Paré de mon clan, je m’élance, aujourd’hui, dans cette balade pour rejoindre le marché. La fumée douce et salée des poulets rôtis embaume la place. La voix chaleureuse du vendeur de légume ponctue si bien la symphonie des secondes. Des saucissons de tous les horizons, des mets d’ici et d’ailleurs et mes enfants s’enfuient vers celle qui dérobe la jeunesse au sucre et aux sourires. Les breuvages champenois, les bijoux artisanaux, les savons, et ces coutures complètent le paysage. Le terroir respire et l’Aube s’attache aux sacs des promeneurs.

Et voilà des mots qui rendent le moment si doux :

« Salut ! ça fait si longtemps que l’on ne s’était pas vu ! Comment vas-tu ? »

« Comme ils ont grandi ! »

« Je suis si heureux de vous revoir, passez à la maison un de ces quatre … »

« Tu deviens quoi ? »

On se reparle. On revit. Les liens se resserrent pour ne plus se relâcher. La vie s’effile et se dilate aussi vivement que les gens se croisent.

L’église respire sa joie du haut de sa posture de patronne des lieux. Elle est éclairée par le marché et Prugny grandit.

Millions de cœurs 65

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