Ecrire mon monde

Mes mots au fil des jours, mes phrases pour partager, des pages pour aller vers ce roman.

L’odeur de la Glycine

La bouillote n’est plus très chaude et le tic-tac infernal du réveil me sort de rêves colorés.

Je perçois la lumière du jour au travers des volets. De fins rayons viennent s’effondrer sur le vieux parquet de la chambre où la poussière se distingue comme des flocons de neige perdus dans ce dégradé de bois vieilli. Le chant des oiseaux, le tumulte lointain de la vie ainsi que la radio oubliée de ma grand-mère compose la symphonie douce de ces matins d’été où tout est calme.

Je me lève, descend ces escaliers qui craquent et troublent la vie d’araignées cachées depuis l’aube.

J’ai, maintenant, hâte de sortir, de m’évader et de jouer …

Le ciel bleu m’accueille avec sa chaleur et des insectes taquins devenus maîtres des lieux.

Je monte sur la remorque du tracteur et deviens pirate. Un bâton comme épée et je vire de bord car on attaque mon navire.

Je me transforme en footballeur de l’équipe de France. Je dribble, tire et m’imagine Platini qui gagne la coupe du monde. Le mur me renvoie le ballon et mon dribble est imparable.

Je passe, ensuite, voir les lapins derrière la grange. Je leur parle mais leurs yeux immenses ne me renvoient rien. De la tristesse peut-être…

Les poules s’avancent vers moi sur le chemin de la forêt. Quelques graines de maïs et le poulailler s’affole.

Ma cabane est si belle. Je suis Robinson Crusoé de la campagne qui a su construire le monde qui le protège. Je rêve et me crois. Je parle fort car il n’y a plus personne qui ne peut perturber mes songes.

Je prends un carton pour glisser sur les herbes sèches et hautes du mois d’août. L’air me caresse le visage quand je dévale la pente à toute vitesse.

Je pars, maintenant, dans le village et les murs sont mes routes. Je suis un funambule et m’arrête quelques minutes chez ce vieux gentil qui vend des fraises tagada.

On ira en Manicle cette après-midi mais je dois revenir car il est déjà l’heure de manger.

Avant de rentrer, je plonge dans le mur couvert par les glycines. Quelques abeilles se perdent dans le violet discret des pétales de ces fleurs au parfum divin. L’odeur aussi délicate qu’envoutante me poursuivra, je l’espère, très longtemps. Symbole d’ici, de cette époque… quand j’avais neuf ans, et que l’année 1988 se conjuguait avec les semaines passées chez ma mémé.

 De ONE LOVE à EDEN KARMA114

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